Décence et DPE : les règles en vigueur en 2026 et 2027
Le bailleur doit louer un logement décent, sans risque pour la sécurité ou la santé et d’une performance énergétique minimale : un logement classé G n’est plus décent en métropole depuis 2025, et le seuil monte en 2028 puis 2034.
Version du texte en vigueur depuis le 1er janvier 2025 Logements classés F non décents au 1er janvier 2028, classés E au 1er janvier 2034 Vérifié sur Légifrance le 15 octobre 2026
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Décence et DPE en 2026 et 2027 : l’essentiel
L’article 6 de la loi du 6 juillet 1989 oblige le bailleur à remettre au locataire un logement décent : sans risque manifeste pour la sécurité physique ou la santé, exempt de nuisibles et de parasites, doté des éléments qui le rendent conforme à l’usage d’habitation et atteignant un niveau minimal de performance énergétique. En métropole, ce niveau est compris entre les classes A et F depuis le 1er janvier 2025, ce qui exclut les logements classés G. Il sera compris entre A et E à compter du 1er janvier 2028, puis entre A et D à compter du 1er janvier 2034.
En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte, le calendrier est décalé : classes A à F à compter du 1er janvier 2028, puis A à E à compter du 1er janvier 2031. Un logement qui n’atteint pas le niveau requis à l’échéance est considéré comme non décent, et le décret du 30 janvier 2002 sur le logement décent reprend ce calendrier. En parallèle, la loi de 1989 gèle les loyers des logements classés F ou G : pas de hausse à la relocation, ni révision annuelle, ni majoration pour travaux d’amélioration.
Concerne les bailleurs de logements loués à titre de résidence principale, au premier rang desquels les propriétaires de logements classés F ou G. Le juge ne peut toutefois pas ordonner de travaux de performance énergétique au copropriétaire qui démontre ses diligences sans avoir pu atteindre le niveau requis, ni lorsque des contraintes architecturales ou patrimoniales y font obstacle.
Ce que la règle impose et ce qu’elle sanctionne
Ce que la règle impose
- Remettre au locataire un logement décent dont la classe de performance énergétique respecte le seuil en vigueur, soit A à F aujourd’hui en métropole.
- Délivrer le logement en bon état d’usage et de réparation, puis l’entretenir et y faire les réparations autres que locatives.
- Pour un logement classé F ou G, ne pas relouer au-dessus du dernier loyer appliqué au précédent locataire.
Sanctions et risques
- Le locataire peut exiger la mise en conformité sans remettre en cause le bail ; faute d’accord ou de réponse sous deux mois, la commission départementale de conciliation ou le juge peuvent être saisis.
- Le juge peut fixer les travaux à réaliser et leur délai, réduire le loyer ou en suspendre le paiement jusqu’à l’exécution des travaux.
- Pour un logement classé F ou G, la révision annuelle du loyer et la majoration pour travaux d’amélioration sont interdites.
Aucun décryptage publié sur ce dispositif pour l’instant.
Qu’est-ce qu’un logement décent au sens de la loi ?
L’article 6 de la loi du 6 juillet 1989 oblige le bailleur à remettre au locataire un logement décent. Le texte pose quatre exigences cumulatives : ne pas laisser apparaître de risques manifestes pour la sécurité physique ou la santé, être exempt de toute infestation d’espèces nuisibles et de parasites, atteindre un niveau minimal de performance énergétique et disposer des éléments qui le rendent conforme à l’usage d’habitation. Ces règles visent les locations à usage de résidence principale ou à usage mixte, à l’exception des logements-foyers et des logements de travailleurs agricoles, soumis à des règles propres.
Le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 précise ces caractéristiques. Il impose notamment une pièce principale d’au moins 9 m² avec une hauteur sous plafond d’au moins 2,20 m, ou d’un volume habitable d’au moins 20 m³. Il reprend aussi le calendrier de performance énergétique fixé par la loi. Louer comme résidence principale un logement qui ne remplit pas ces conditions expose le bailleur aux recours du locataire et à la perte du versement direct des aides au logement.
Quel calendrier pour les logements classés G, F et E ?
Le niveau de performance d’un logement décent se lit sur l’étiquette du diagnostic de performance énergétique, qui classe les logements de A, extrêmement performant, à G, extrêmement peu performant, selon leur consommation d’énergie primaire et leurs émissions de gaz à effet de serre par mètre carré et par an. En France métropolitaine, un logement décent doit être classé entre A et F depuis le 1er janvier 2025, ce qui exclut la classe G.
Le seuil se relève ensuite par étapes : entre A et E à compter du 1er janvier 2028, ce qui rendra non décents les logements classés F, puis entre A et D à compter du 1er janvier 2034, ce qui visera les logements classés E. En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte, le calendrier est décalé : classes A à F à compter du 1er janvier 2028, puis A à E à compter du 1er janvier 2031. La loi précise que les logements qui ne respectent pas ces critères aux échéances fixées sont considérés comme non décents.
Quel rôle joue le DPE dans la location ?
Le diagnostic de performance énergétique fait partie du dossier de diagnostic technique que le bailleur fournit et annexe au bail, à la signature comme au renouvellement. Ce dossier comprend aussi, selon les cas, le constat de risque d’exposition au plomb, l’état relatif à l’amiante, l’état des installations intérieures d’électricité et de gaz et l’état des risques. Le bailleur doit en outre tenir le DPE à la disposition de tout candidat locataire, avant même la signature.
La classe énergétique inscrite sur le DPE produit donc des effets juridiques directs : elle détermine si le logement est décent à une date donnée et si le loyer peut évoluer. En revanche, les recommandations de travaux qui accompagnent le diagnostic n’ont qu’une valeur indicative, et le locataire ne peut pas s’en prévaloir contre le bailleur. Le dossier est transmis par voie dématérialisée, sauf opposition explicite de l’une des parties.
Que risque un bailleur qui loue un logement non décent ?
Le locataire peut demander au propriétaire la mise en conformité du logement sans que la validité du bail soit remise en cause. Faute d’accord ou de réponse dans un délai de deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie, mais ce passage n’est pas obligatoire avant d’aller devant le juge. Le juge détermine alors les travaux à réaliser et leur délai d’exécution. Il peut réduire le loyer, ou en suspendre le paiement et la durée du bail jusqu’à l’exécution des travaux, et il transmet sa décision au préfet.
Les aides au logement sont un autre levier. Lorsque l’organisme payeur constate qu’un logement n’est pas décent, il conserve l’allocation de logement pendant un délai maximal fixé par voie réglementaire et notifie au propriétaire l’obligation de mettre le logement en conformité pour la percevoir. Pendant ce délai, le locataire paie le loyer et les charges diminués de l’allocation, sans que le bailleur puisse fonder sur cette différence une demande de résiliation du bail.
Pourquoi le loyer d’un logement F ou G est-il gelé ?
Indépendamment de la décence, la loi de 1989 bloque l’évolution du loyer des logements classés F ou G. À la relocation, le loyer du nouveau bail ne peut pas dépasser le dernier loyer appliqué au précédent locataire. En cours de bail, la révision annuelle en fonction de l’indice de référence des loyers est interdite, tout comme la majoration de loyer prévue par une clause de travaux d’amélioration. Ces règles s’appliquent aux baux conclus, renouvelés ou tacitement reconduits depuis le 24 août 2022.
Dans les villes soumises à l’encadrement des loyers, un logement classé F ou G ne peut pas non plus faire l’objet d’un complément de loyer, et le bailleur ne peut pas engager d’action en réévaluation du loyer au renouvellement du bail. Pour un propriétaire, la classe énergétique pèse donc à la fois sur la possibilité de louer et sur le niveau du loyer.
Le bailleur peut-il échapper à l’obligation de travaux énergétiques ?
La loi prévoit deux cas où le juge ne peut pas ordonner les travaux nécessaires pour atteindre la performance minimale, sans renoncer pour autant à ses autres mesures, comme la réduction du loyer. Le premier concerne le logement situé dans une copropriété, lorsque le copropriétaire démontre qu’il n’a pas pu atteindre ce niveau malgré ses diligences pour faire examiner des travaux sur les parties ou équipements communs et malgré des travaux adaptés dans ses parties privatives.
Le second vise le logement soumis à des contraintes architecturales ou patrimoniales qui empêchent d’atteindre la performance requise, alors que des travaux compatibles avec ces contraintes ont été réalisés ; un décret précise les critères. Ces exceptions ne suppriment pas l’obligation de décence : elles limitent seulement le pouvoir du juge d’imposer des travaux. Elles supposent que le bailleur puisse prouver les démarches et travaux qu’il a engagés.
Qu’est-ce qui change en 2027 et 2028 pour les bailleurs ?
L’année 2027 est la dernière où un logement classé F peut être proposé à la location comme résidence principale en métropole. À compter du 1er janvier 2028, la classe E devient le minimum requis, et un logement classé F loué à cette date sera considéré comme non décent, y compris pour un bail en cours. En outre-mer, la même date marque l’entrée en vigueur du premier seuil, qui exclut les logements classés G.
Ce calendrier est inscrit dans la loi du 6 juillet 1989 et dans le décret du 30 janvier 2002, dans leurs versions en vigueur depuis le 1er janvier 2025. À la date de vérification, aucun texte publié au Journal officiel ne modifie ces échéances. Pour un bailleur qui détient un logement classé F, la période 2026 et 2027 est donc celle où se pose la question des travaux à engager avant l’échéance de 2028.
Questions fréquentes sur la décence et le DPE
Peut-on encore louer un logement classé G en 2026 ?
Pas comme résidence principale en métropole : depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne respecte plus le niveau de performance minimal et il est considéré comme non décent. Le locataire peut exiger sa mise en conformité et saisir le juge, qui peut ordonner des travaux et réduire ou suspendre le loyer. En outre-mer, l’exclusion des logements classés G ne s’appliquera qu’à compter du 1er janvier 2028.
Un locataire déjà en place dans une passoire thermique peut-il exiger des travaux ?
Oui. L’obligation de décence s’apprécie à chaque échéance, pas seulement à la signature du bail. Le locataire peut demander la mise en conformité sans remettre en cause son contrat. Sans accord ou réponse dans les deux mois, il peut saisir la commission départementale de conciliation ou directement le juge, qui fixe les travaux et leur délai, sauf exceptions liées à la copropriété ou aux contraintes patrimoniales.
Peut-on augmenter le loyer d’un logement classé F ?
Non. Pour un logement classé F ou G, la révision annuelle selon l’indice de référence des loyers est interdite, tout comme la majoration prévue par une clause de travaux d’amélioration. À la relocation, le nouveau loyer ne peut pas dépasser le dernier loyer appliqué au précédent locataire. Ces règles concernent les baux conclus, renouvelés ou reconduits depuis le 24 août 2022.
Quelle surface minimale pour qu’un logement soit décent ?
Le décret du 30 janvier 2002 exige au moins une pièce principale d’une surface habitable de 9 m² avec une hauteur sous plafond d’au moins 2,20 m, ou bien d’un volume habitable d’au moins 20 m³. Surface et volume se calculent selon les règles du code de la construction et de l’habitation. Ce critère s’ajoute aux exigences de sécurité, de santé, d’équipements et de performance énergétique.
Les recommandations du DPE sont-elles obligatoires pour le bailleur ?
Non. La loi précise que les recommandations qui accompagnent le diagnostic de performance énergétique n’ont qu’une valeur indicative et que le locataire ne peut pas s’en prévaloir contre le bailleur. Ce qui compte juridiquement, c’est la classe énergétique du logement : elle détermine s’il est décent au regard du calendrier légal et si son loyer peut être révisé ou augmenté.
La CAF peut-elle suspendre l’APL si le logement n’est pas décent ?
L’organisme payeur qui constate la non-décence conserve l’allocation de logement pendant un délai maximal fixé par voie réglementaire, au lieu de la verser. Il notifie au propriétaire qu’il doit mettre le logement en conformité pour la recevoir. Pendant ce temps, le locataire paie son loyer diminué de l’allocation, et le bailleur ne peut pas s’appuyer sur cette différence pour demander la résiliation du bail.
